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District Rhin

Le bassin salifère lorrain (secteur de travail Moselle-Sarre)

CONTEXTE

Le gisement de sel lorrain est exploité depuis très longtemps en raison de sa bonne qualité, de sa faible profondeur (50 à 200 m) et de l'importance des réserves.

Il est exploité pour une petite partie sous forme de sel gemme ou sel cristallisé (c'est la seule mine française de ce type encore en activité) et pour l'essentiel sous forme de saumure par dissolution du gisement sur le site. On produit à la fois du sel raffiné et aussi du carbonate de soude par transformation.

La capacité de production de sel raffiné est de l'ordre de 1 million de tonnes par an. La production du carbonate de soude s'accompagne de rejets chlorurés calciques. Les rejets liés à ces activités contribuent, pour une part essentielle, à la salinité de la Moselle.

LA SALINITE

La salinité naturelle est apportée par un affluent de la Meurthe, le Sanon et un affluent de la Moselle, la Seille. Ces cours d'eau drainent les couches salées du Keuper inférieur où se produisent des phénomènes naturels de dissolution de sel. Elle est estimée de 3 à 4 kg/s en moyenne annuelle.

La salinité non naturelle est due essentiellement aux industries du sel : soudières (pour 31 kg/s ) et accessoirement une saline et divers autres apports pour 3 à 5 kg/s d'industries, d'exhaure minière, de sel de déneigement et origine urbaine.

Au niveau de la frontière franco-allemande à PALZEM, la salinité totale mesurée dans la Moselle est de 41 kg/s et elle atteint 47 kg/s à COBLENCE avec les apports de la Sarre.

Cette salinité de la Moselle contribue significativement à celle du Rhin.

LES CONCENTRATIONS OBSERVEES DANS LA MOSELLE

Les concentrations en chlorures dans la Moselle sont de l'ordre de 400 mg/l entre les confluents de la Meurthe et de la Sarre et de l'ordre de 200 mg/l entre le confluent de la Sarre et COBLENCE. La mise en place de bassins permettant de moduler les rejets des soudières dans la Moselle a permis une amélioration très sensible de la situation, en réduisant pratiquement d'un facteur 4 les concentrations observées à l'aval de METZ pendant 90 % du temps et d'un facteur 3 celles observées à COBLENCE. Néanmoins, ces concentrations restent incompatibles avec un usage de l'eau pour l'alimentation en eau potable, sur toute la partie amont française et luxembourgeoise et allemande de la Moselle et sont à la limite sur la partie aval au niveau de COBLENCE avec risque de dépassement des normes AEP en période de très basses eaux (voir Graphique 9).

Graphique 9 : Concentrations en chlorures dans la Moselle en 2000 (mg/l)

Source : agence de l'eau Rhin-Meuse

Aucune des solutions envisagées pour réduire les rejets salés des soudières dans la Moselle n'a pu aboutir à ce jour, soit en raison de coûts prohibitifs pour les traitements nécessaires, soit en raison de leur acceptabilité pour les transferts de rejets directement vers le Rhin.

Les scénarii d'évolution de la salinité en Moselle sont directement dépendants de l'évolution des activités productives des soudières.

 

 
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