Transferts financiers entre acteurs
L'objet de cette analyse est de mettre en évidence
le montant des flux financiers entre catégories d'acteurs.
A côté des ménages, de l'industrie - y
compris les activités de production assimilées
domestiques (APAD) - et de l'agriculture, il est nécessaire
de définir deux autres catégories d'acteurs.
Il convient, en effet, d'identifier fictivement le "contribuable"
et "l'environnement" comme source de financement
entre les catégories d'acteurs ou comme destination
des flux financiers.
Le contribuable apparaît en sa qualité d'acteur
distinct du consommateur d'eau dans la mesure où,
à ce titre, il se voit appliquer des prélèvements
différenciés et où il a des attentes
distinctes (ex : protection des rivières) dont les
besoins financiers interfèrent avec les flux d'échange
entre usagers.
Pour des raisons différentes, il est opportun de faire
apparaître l'environnement qui subit des coûts
mais apporte après réparation des bénéfices
indirects aux différents usagers (ex : rôle auto-épuratoire
des rivières restaurées).
A côté de ces deux catégories non adossées
à un "service lié à l'utilisation
de l'eau" on trouve :
- Les ménages regroupant les consommateurs
individuels liés au service public de distribution
et au service public d'assainissement,
- Les industries regroupant les industries isolées
et les industries raccordées et les Activités
de Production Assimilées Domestiques (tels que les
artisans et les commerces locaux) pour lesquels l'abréviation
APAD sera employée.
- L'agriculture avec les activités d'irrigation
et d'épuration des effluents d'élevage.
L'analyse conduit à identifier les charges et transferts
entre les trois catégories d'acteurs principaux (ménages,
industrie, agriculture) et à cerner le niveau d'équilibre
des différentes contributions au financement de chaque
service.
En matière de transfert, on distingue les transferts
directs consécutifs à la quantification des
flux réels observés et les transferts indirects
qui s'intéressent au chiffrage soit des surcoûts
d'accès à la ressource induits par d'autres
acteurs (ex : la pollution des nappes par l'agriculture) soit
des charges financières résultant de solutions
d'approvisionnement alternatives (ex : l'achat d'eau en bouteille
pour se prémunir du risque sanitaire dû à
la mauvaise qualité des ressources en eau).
La quantification des flux permet de cerner si le montant
des transferts directs entre usagers ramené au coût
cumulé de l'utilisation de l'eau par l'ensemble des
usagers est important ou non. L'analyse économique
montre à ce niveau que le taux de recouvrement est
correct donc que la majeure partie des coûts est assumée
par les usagers eux-mêmes.
Cela étant, même si ces transferts sont, au
cumulé, faibles, l'analyse laisse apparaître
de fortes disparités entre usagers et entre districts.
La quantification des flux ainsi présentée montre
qu'il existe des transferts des redevances des ménages
vers les agriculteurs et de manière secondaire vers
les industriels, cela y compris si l'on cumule des flux tels
que les économies induites par la valorisation agricole
des boues (qui dispense les collectivités ou les industriels
qui en bénéficient du recours à des alternatives
plus onéreuses).
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