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Aspects communs aux deux districts

ORIENTATION N° 2 : maîtriser les prélèvements et préserver la qualité de la ressource en eau souterraine, notamment par la réduction des pollutions diffuses

B - Préserver la qualité des eaux souterraines

Mise en place d'un système de surveillance

Depuis avril 1999, le réseau patrimonial de connaissance de la qualité des eaux souterraines est en place. Il est géré par l'agence de l'eau. Les données sont accessibles en ligne sur le site Internet de l'agence de l'eau Rhin-Meuse.

Par ailleurs, au niveau national, un travail a été mené pour la mise en place d'un outil de suivi de la qualité des nappes (SEQ - eau souterraine). Il permet de suivre la qualité des aquifères et de la comparer aux objectifs fixés à long terme, notamment celui qui vise à permettre l'usage "eau potable" sans traitement complexe pour l'ensemble des grandes nappes, comme la nappe d'Alsace.

Globalement sur le bassin, on constate que la qualité des eaux souterraines continue à se dégrader et que la plupart des nappes sont toujours menacées par des pollutions diffuses de type nitrates, pesticides ou autres micropolluants et pour certains aquifères par les chlorures.

Les nitrates dans les aquifères

La directive "nitrates" concerne les eaux souterraines et les eaux superficielles. Dans le bassin Rhin-Meuse, les impacts les plus importants sont observés sur les eaux souterraines.

Suite aux résultats de la surveillance mise en place en 1999, l'étendue des zones désignées en "zones vulnérables" a été revue, conduisant à des modifications dans le département de la Meuse et à l'identification d'un nouveau secteur en Moselle dans le bassin de la Seille. (Toutefois, pour ce bassin versant, c'est l'amélioration de la qualité des eaux superficielles qui est visée).

Le décret de transposition de la directive "nitrates" vise la mise en œuvre de "plans d'action" départementaux favorisant l'adoption par les agriculteurs de bonnes pratiques : élaboration et suivi de plans d'épandage, mise en place de cultures intermédiaires piège à nitrates (CIPAN), etc.

Dans chaque département, des missions d'assistance technique aux épandages contribuent au respect de la mise en œuvre des plans d'actions départementaux.

Par ailleurs, des incitations financières ont conduit à un accroissement significatif des surfaces en CIPAN. En 2003, elles ont atteint 10 000 ha en Alsace et 3500 ha en Lorraine.

Les opérations "Ferti-mieux", assurant un conseil aux agriculteurs pour la gestion de l'azote dans leur exploitation, couvrent une surface d'environ 328 000 ha essentiellement en zone vulnérable. Elles touchent près de 10 000 agriculteurs.

Le suivi d'un certain nombre d'opérations "Ferti-mieux" a clairement démontré un changement des pratiques agricoles. Dans bien des cas, d'importants progrès ont été notés sur la gestion des épandages, l'adaptation de la fumure azotée aux besoins des plantes et le fractionnement des apports azotés, qui sont devenus systématiques. Ainsi, après plusieurs années, les mesures de la teneur en nitrates effectuées notamment sur certaines opérations comme celles concernant les sources de GORZE et le Rupt-de-Mad, permettent de mettre en évidence une inversion de la tendance constatée depuis les années 1980. Plus précisément, on assiste à une stabilisation puis à une lente diminution de la teneur en nitrates dans les eaux et à une réduction des pics de pollution. Malheureusement, ce résultat n'est pas encore généralisé.

Concernant les résultats observés sur les eaux souterraines, le constat reste mitigé : par exemple, si l'augmentation de la teneur en nitrates s'est effectivement ralentie de moitié en une décennie dans la nappe d'Alsace, il n'en demeure pas moins que la dégradation se poursuit. La réduction des excédents d'azote lessivé par les sols et qui migrent vers les nappes dépendra dans une large mesure de la généralisation des bonnes pratiques mais aussi de l'évolution des systèmes de cultures. En effet, l'extension de la culture du maïs et de l'irrigation, qui couvraient en Alsace en 2000, plus de 60 000 hectares, continue depuis plus de 20 ans. Elle rend ainsi difficile la réduction des excédents d'azote. Une inversion des tendances à la dégradation doit impérativement être obtenue rapidement.

 

 
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