L'état des lieux : mode d'emploi
La DCE demande, dans ses articles 5 et 6 que chaque Etat
veille à élaborer pour chaque district hydrographique
situé sur son territoire un état des lieux qui
doit comprendre :
- une analyse des caractéristiques du district,
- une étude des incidences de l'activité humaine
sur l'état des eaux de surface et des eaux souterraines,
- une analyse économique de l'utilisation de l'eau,
- un registre des zones protégées,
- une élaboration des scénarii d'évolution.
Ce document, base de l'élaboration du futur programme
de surveillance et du futur plan de gestion, est un document
essentiel. C'est en effet à ce stade que doivent être
bien identifiés les principaux problèmes qui
se posent au regard des ambitions affichées pour les
objectifs de bon état à atteindre.
En application des dispositions de la DCE, l'Etat français
doit transmettre l'état des lieux à la commission
européenne pour juin 2005.
Dans le bassin Rhin-Meuse, le contexte international nécessite
en outre une mise en cohérence et un assemblage avec
les pays voisins.
La caractérisation des eaux de surface et souterraine
doit être réalisée à l'échelle
de "masses d'eau" (cf. chapitre 4)
qui constituent l'unité de travail pour l'analyse des
pressions subies et de l'état des milieux aquatiques,
la fixation des objectifs et la surveillance.
La caractérisation comprend :
- Une analyse des caractéristiques physiques et/ou chimiques des masses d'eau, leur emplacement et leur délimitation. Pour les eaux souterraines, l'interdépendance avec les écosystèmes et les milieux aquatiques terrestres doit être prise en compte. L'état des lieux doit présenter également une identification prévisionnelle des masses d'eau fortement modifiées.
La délimitation des masses d'eau superficielle et
souterraine et leur description constituent la base sur laquelle
est conduite l'analyse.
- Une identification des pressions dues aux activités humaines et de leurs impacts sur l'état des milieux.
Les rejets, qu'ils soient ponctuels ou diffus, les prélèvements,
les modifications du régime des eaux, constituent autant
de pressions qu'il faut prendre en compte.
Les réseaux de surveillance existants, les systèmes
d'évaluation de la qualité des eaux et des milieux,
les outils de modélisation et l'ensemble des informations
disponibles à partir d'analyses statistiques et d'expertises
constituent les éléments à partir desquels
sont évalués les impacts et les incidences des
activités humaines.
- Une analyse économique des utilisations de l'eau qui s'articule avec l'analyse des usages de l'eau, une prévision à l'horizon 2015 de la situation des milieux aquatiques et une description des modalités d'application du principe de récupération des coûts des services liés à l'utilisation de l'eau.
Tout a dû être développé pour l'analyse
économique de l'utilisation de l'eau qui est un domaine
nouveau. Dans ce domaine, il existe un besoin de renforcement
de la production de données socio-économiques
et de l'utilisation des analyses économiques dans le
processus de décision.
- Une évaluation des données nécessaires : la DCE ouvre la possibilité de dresser l'état des lieux à partir des seules données existantes mais demande par contre de rendre opérationnel en 2006 un programme de surveillance qui viendra compléter les réseaux existants pour les données manquantes ou incomplètes.
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