L'intégration de l'aménagement du territoire et de l'économie dans la gestion de l'eau
En premier lieu, la DCE demande d'identifier les usages de
l'eau : usages de loisirs, prélèvements pour
l'alimentation en eau potable, pour l'irrigation, l'industrie,
etc. Au-delà de cette localisation des prélèvements
et des rejets, la directive demande de caractériser
l'importance économique de ces usages : quelles sont
les activités économiques associées ?
Peut-on les évaluer sur le plan économique,
en terme de chiffres d'affaires, d'emplois ?
Au-delà de cette description de la situation actuelle,
la DCE demande d'examiner les impacts prévisibles à
l'horizon 2015 des décisions déjà prises
dans le domaine de la gestion de l'eau (travaux liés
à la directive "eaux résiduaires urbaines", limitation des apports azotés en application
de la directive "nitrates",
) mais également
de la croissance prévisible des populations et des
activités conformément aux prévisions
faites pour l'aménagement du territoire. A ce titre,
la DCE se veut un véritable outil intégrateur
des différentes politiques sectorielles pour mieux
définir et maîtriser les investissements dans
le domaine de l'eau. Ainsi, la politique de l'eau n'est plus
uniquement une politique "réparatrice" toujours
en retard, mais devient au contraire une politique partie
prenante des autres politiques sectorielles et dont les exigences
peuvent conduire à remettre en cause des éléments
de ces politiques sectorielles, notamment en raison des coûts
de réparation engendrés.
La DCE demande, en effet, d'analyser les coûts des
actions nécessaires afin d'optimiser les programmes
de travaux. Il sera donc nécessaire, dans ce cas, de
réaliser une analyse "coûts-bénéfices"
complète intégrant l'estimation des dommages
et des bénéfices environnementaux. Elle admet
que les objectifs ambitieux qu'elle fixe puissent être
différés de plusieurs années, compte
tenu de leur impact financier (notion de coûts disproportionnés),
mais à condition que toutes les justifications soient
soumises au débat du public et de trouver la combinaison
"la plus efficace au moindre coût" des mesures
à prendre.
La DCE fait de la tarification un outil pour l'action. Elle
demande une tarification incitative contribuant aux objectifs
environnementaux de cette directive.
Notons que la DCE ne concerne pas l'organisation des services
en charge de la distribution d'eau et de l'assainissement.
Elle ne modifie en rien leurs pratiques comptables, ni les
exigences de service aux usagers. L'objectif de la DCE est
d'assurer la cohérence d'actions au niveau du grand
bassin hydrographique pour atteindre un haut niveau de protection
de l'environnement et une gestion durable des ressources en
eau.
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